La résurgence
Aussurucq est un petit village niché au pied du massif des Arbailles. Les Arbailles sont soumises à un climat océanique montagnard. Les pluies sont régulières et abondantes.

L’eau douce est rare, peu abondante. Pourtant, c’est un élément essentiel à la vie. Les habitants d’Aussurucq se sont donc installés dans cette région afin de bénéficier des avantages de l’eau : en effet, ici, ils peuvent recueillir l’eau de la rivière afin de se désaltérer, eux, ainsi que leurs animaux. L’eau peut être utilisée pour tout : pour cuisiner, pour faire pousser des plantes, mais aussi pour faire fonctionner des moulins.

Les montagnes et les lieux où passent des rivières sont riches en eaux. C’est un critère important pour ...Les habitations d’Aussurucq sont donc installées dans cette région essentiellement pour l’eau. Les gens se trouvant à proximité peuvent donc obtenir cette ressource rapidement et sans effort. Mais faut il déjà qu’elle soit potable ! Pour abreuver les animaux, l’eau, qu’elle soit potable ou non, entrainera peu de conséquences. En revanche, les humains peuvent être très vite malades, à cause d’une eau turbide. En effet, dans cette rivière, des analyses ont été faites, détectant la présence d’une eau turbide, c’est à dire d’une eau ayant comme caractéristique d’avoir des particules en suspension, plus ou moins invisibles à l’œil nu. L’eau peut également être laiteuse, dans ces cas là, on peut constater à l’œil nu un "dépôt" blanchâtre. Ces particules en suspension sont des particules de calcaire (l’eau, en s’infiltrant dans le sol, se charge de CO2 et devient particulièrement agressive vis-à-vis du calcaire, elle le dissout) mais également, et surtout, des particules d’argile, provenant des cavités d’où s’écoule l’eau. Ce sont ces résidus qui peuvent être relativement nocifs pour les humains. L’eau provenant directement des cavités ne connait donc pas de traitement et ne passe pas non plus par une station d’épuration. En effet, la zone karstique est perméable "en grand", l’eau s’écoule rapidement, ne passant par aucun filtre, elle ressort donc polluée. Cela dit pour les habitations proches de la rivière, en plus de la pollution des eaux, d’autres problèmes sont présents : en effet, le soleil n’est pas au rendez-vous, que cela soit en été comme en hiver, ce dernier ne donne pas dans cette région. Le climat est relativement froid et humide, surtout en hiver. De plus, il y a toujours ce risque que la rivière déborde suite à de fortes pluies (---> crue ou hautes eaux). Les habitations n’étant pas en hauteur peuvent donc connaitre des inondations.
Laurie Pedelucq

Après 1h30 de route nous sommes arrivés à l’émergence d’Uthurbietta avec Nathalie Vanara. La source est située dans la partie basse du massif, la suite de la sortie nous a conduit jusqu’au col d’Ahusquy.

Celle-ci nous a expliqué le principe de fonctionnement et les différentes catégories de sources existantes, notamment grâce à un schéma. Il y a donc :


Puis nous avons abordé la notion de perméabilité des roches "en grand" et "en petit". Nous avons donc appris, par exemple, que le calcaire était imperméable en petit mais perméable en grand du fait fait de ses nombreuses fissures. Ces propriétés induisent un très faible taux de purification de l’eau lors de son cheminement souterrain. La moindre pollution à l’infiltration ou lors du trajet de l’eau s’en ressentira donc immédiatement à la résurgence. L’eau émergeant des résurgences calcaires est la plupart du temps laiteuse (dûe a sa couleur "lait-gris clair" ) car chargée en colloïdes (très fines et très légères particules de boue qui restent très longtemps en suspension dans l’eau - elles contiennent souvent des germes pathogènes). Nous avons appris que l’argile est un minéral de la famille des silicates. Celui-ci est généralement issu de l’altération par l’eau des autres silicates (sauf le quartz). C’est pour cette raison qu’on le trouve systématiquement dans les sols et les formations superficielles. Ce minéral détritique ultra fin se retrouve aussi très fréquemment dans les roches sédimentaires (comme le calcaire ici). Mélangé à un autre minéral comme le carbonate de calcium il formera de la marne. on parlera de marne argileuse ou de marne calcaire en fonction de la roche dominante dans la structure. L’argile confère une imperméabilité importante (ainsi qu’une certaine plasticité) à la roche dans laquelle elle est présente. Si l’argile est seule présente on désigne la roche sous le nom d’argilite (argile imperméable).
Yann Abadie
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